CHAM’un jour, CHAM’toujours (1re partie)

Chaque année, avant de prendre la route pour les vacances, je compulse ‘des mètres linéaires’ de livres afin d’être bien au point pour notre voyage. Cette année encore, notre halte à Chamonix est délicieusement préparée par des lectures ciblées. Je dois avouer que j’ai même lu deux fois, le livre de Jean-Claude Charlet,  (De fils en Aiguilles). Ce livre m’a plu et ému !

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Voici, comme promis, la suite de nos pérégrinations de ce printemps.

Nous arrivons à notre hôtel, où tout de suite, je passe en revue mon balcon, mon torrent, mes repères quoi !

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Ici, à « L’Hôtel de l’Arve »(cliquer pour le site) où je suis chaque année, bien reçu, notre bonheur est simple. Nous y avons nos habitudes et nous prenons notre temps ! Bien lovés dans les fauteuils, face aux Aiguilles de Chamonix et au Mont-Blanc, nous pratiquons, entr’autres, les séances ronron/calinothérapie.

Vous pouvez aisément visualiser la scène : de sa main experte ma maîtresse me gratouille ‘savamment’ derrière les oreilles (c’est la phase ‘calino’ et moi, en échange j’enclenche le ronron du bonheur ! c’est notre phase thérapie !)

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Moments délicieux, que nous prolongeons jusqu’au soleil couchant. Pas besoin de mots, on est bien tout simplement. La magie du Mont Blanc et sa lumière s’imprègnent en moi, mon pelage en frissonne ! Devant ce si beau panorama, je me demande même si dormir est judicieux !…

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Le lendemain matin, dès le lever du soleil, j’attends que ses rayons matinaux pénètrent par la grande baie et caressent mes longs poils.

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S’en suit un rituel : étirements, bâillements, toilette… petites croquettes ! Ainsi préparés, nous pouvons entreprendre nos différentes promenades. On commence par faire un tour en ville, histoire de rendre visite à nos magasins de prédilection, par exemple la Librairie Guérin (d’où on ramène nos livres préférés, c’est le plein pour l’hiver prochain !). Les fameux « livres rouges » font toujours notre bonheur et chaque année notre collection s’agrandit.

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Avec intérêt également, nous admirons les beaux clichés de la galerie Mario Colonnel. (Cet hiver, de notre Normandie, nous avons découvert son histoire avec Dolma, la petite khampa.)

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Les autres magasins sont aussi pour le plaisir, la décoration de montagne, les produits de pays, par exemple ! On en profite pour déambuler ainsi dans les rues de Chamonix.

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Puis au hasard des rues, on se restaure, un jour nous nous sommes arrêtés à la Pointe Isabelle.

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Cet établissement a une histoire :

Isabella Straton (1838-1918), anglaise instruite et fortunée quitta l’Angleterre pour découvrir l’alpinisme dans les Alpes françaises jusqu’alors inexplorées. Isabella rencontra un guide de haute montagne à Chamonix, Jean Charlet. Ils se marièrent. Tous les deux, ils grimpèrent sur beaucoup de sommets. Entr’autres, l’Aiguille du Midi et le sommet nord de l’Aiguille de Blaitière. Elle a fait la première ascension du Mont Blanc en hiver en janvier 1876. Des années plus tard, les petits-enfants d’Isabella ont ouvert un hôtel à Chamonix. En hommage à leur grand-mère, ils l’ont nommé Pointe Isabelle comme la montagne dans le massif du Mont Blanc qui a été gravie par Isabella Straton pour la première fois en 1875.

Les jours suivants, c’est randonnées pédestres dans les environs. Cette année, sur le petit balcon sud nous avons pris la direction  « le chalet de la Floria ». Chemin faisant, c’est le bonheur dans la nature.

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A notre programme, il y a eu aussi une excursion dans un village classé, Sixt-Fer-à-Cheval et son cirque surnommé « le pays du bout du monde … »

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On voulait voir la cascade du Rouget, ce fut fait.

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Je vous l’avoue, le bruit, très intempestif, m’a fort surpris ! Poils hérissés, queue en point d’interrogation, j’ai dû faire appel à tout mon self-contrôle !

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Premier moment d’inquiétude passé, je joue le grand aguerri, et de découvertes en découvertes ce cirque m’a bien plu et on a profité un maximum de cette promenade dans un site naturel bien agréable.

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Je ne vous parle pas, entre deux, des siestes que je suis obligé de faire pour récupérer de toutes ces émotions !

Dans quelques jours… La suite …

Au Pays du Mont Blanc

Présentement , j’ai les pattes sur la page d’écriture de ma maîtresse, et il paraît que ce n’est pas facile pour qu’elle transcrive toutes mes idées !
Enfin il faut bien que je sois tout près d’elle pour lui « souffler » tous mes souvenirs !
Commençons donc ce chapitre qui concerne notre séjour préféré, c’est-à-dire nos belles journées au Pays du Mont Blanc.

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web-IMG_5800.JPGNous y avons nos habitudes ! Tous les ans depuis que je suis né nous faisons un séjour à Chamonix. Nous réservons toujours une chambre au charme savoyard, douillette, décorée avec goût, face au Mont Blanc en plein cœur de la ville.

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J’ai découvert le Mont Blanc alors que j’étais un adorable chaton de quelques semaines. Je buvais mon biberon face à ce majestueux panorama que sont le Mont Blanc, le Dôme du Goûter et autres monts célèbres.

IMG_4569.jpgSur une terrasse fleurie de géraniums, mes grands yeux bleus tournés vers les cimes, je tétais goulûment mon repas. Après j’entamais des siestes dignes de mon petit âge.
Depuis j’ai grandi, et en cette année 2015, je suis devenu un beau chat adulte, modeste de surcroît, aux longs poils noirs et soyeux et je peux vous conter de bien belles promenades en montagne.
A notre arrivée, après notre installation dans ma chambre préférée avec balcon au-dessus de l’Arve et grande baie face aux Aiguilles de Chamonix (prononcer Chamoni), nous nous sommes promenés dans le cœur de Cham’, en particulier sur la place Balmat où est érigée depuis 1887  une belle statue du savant Horace-Bénédict de Saussure et de Jacques Balmat pointant de sa main droite le Mont Blanc.

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Ce geste si simple du guide à son client, c’est tout un symbole, un rêve, une réflexion. Il nous invite à gravir ce sommet, à évaluer toute la démesure de l’effort à accomplir et de la souffrance du corps à corps avec la montagne, c’est émouvant.Ma maîtresse est heureuse d’être là et moi je suis content de la voir sous le charme.
Il fait doux, c’est un mois de mai idéal, le soleil bientôt couchant irise de feu le Mont Blanc. Nous sommes en pleine osmose avec ce paysage grandiose, beau, majestueux et effrayant à la fois.

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Grandiose, c’est le plus haut sommet d’Europe occidentale, nous le regardons avec respect.
Beau, le coucher de soleil sur la montagne est spectaculaire, quand on regarde le glacier des Bossons on dirait une coulée de lave qui descend calmement jusqu’au village des Houches. C’est sur ce glacier que se situe le drame  du « Malabar Princess » évoqué dans le film tourné en 2003/2004 avec Jacques Villeret.
Majestueux, tout n’est que grandeur, hauts sommets blancs et parois vertigineuses.
Effrayant, il suffit de se remémorer la première ascension du Mont Blanc appelé auparavant « La Taupinière ».
Les deux pionniers de cette immense aventure sont Jacques Balmat et le Docteur Paccard. Nous sommes au 18ème siècle, très exactement le 8 août 1786.
Je vais vous raconter cette première ascension réussie par Jacques Balmat, paysan, guide et cristallier de profession. J’ai pour lui une profonde admiration et beaucoup de respect.
De nombreuses expéditions avaient été tentées auparavant, mais par superstition, personne ne voulait passer la nuit en haute montagne et il était impossible d’atteindre le sommet en une seule journée.
Ainsi, en juin 1786, deux caravanes partent à l’assaut du Mont Blanc, le mauvais temps les oblige à rebrousser chemin sauf Jacques Balmat, qui, avec une volonté de fer et une solide connaissance de la montagne reste seul dans le froid et les vents violents. Il passe la nuit sur le « petit plateau » .
Au petit matin, sa progression vers la cime l’a convaincu, il a la certitude de pouvoir atteindre « son Mont Blanc ». Il a 24 ans.
Quand Jacques Balmat redescend à Chamonix personne ne pensait le revoir !
Cette expérience montre que l’ascension pourra être faite en plusieurs étapes. C’est ainsi qu’avec le Docteur Paccard, médecin à Chamonix, passionné lui aussi par la montagne, ils décident d’entreprendre, en secret, leur première ascension. Au regard de la météo elle est décidée le 7 août 1786.
Muni ce jour-là, de son sac garni d’une couverture de laine et d’un peu de nourriture, de sa « piolete » et de son long bâton de frêne à pointe ferrée, Jacques Balmat se met en route avec Michel-Gabriel Paccard.
Ils bivouaquent le 7 au soir au sommet de la montagne de la Côte (rappelons que ce sont des pionniers, pas de refuge, aucune re-connaissance précédente), la nuit le froid est intense sur les glacières.
Dès 4 heures le lendemain matin, ils repartent à l’assaut de la « Taupinière ». Une immensité blanche les domine et les attend. Presque d’instinct ils adoptent le ‘pas de la lotta’, et ils marchent, et ils grimpent, haut, toujours plus haut. C’est une ascension harassante et ils sont aveuglés par le soleil. Ils atteignent enfin le sommet à 18 h 23 exactement. Envahis d’une joie violente et d’un bonheur profond, ils oublient leur fatigue et leurs souffrances .
Deux enfants du pays seront donc les pionniers du Mont Blanc !
Ils redescendent à 18 h 57. Nous sommes le  8 aôut 1786.

M. Horace-Bénédict de Saussure, savant et philosophe genevois, aime profondément le Mont Blanc, le gravir est un peu l’obsession de sa vie ; quand il apprend la réussite de Jacques Balmat, il voit alors la possibilité de réaliser son rêve. Il a, lui, 46 ans. Les mauvaises conditions climatiques de l’été 1786 l’obligeront à retarder ce rêve jusqu’en août 1787. (Il avait d’ailleurs promis une récompense à celui qui réussirait à vaincre ce sommet et l’emmènerait enfin jusqu’à l’inaccessible).
Se prépare alors une grande expédition . Ils sont une vingtaine. Ils atteignent le sommet le 3 août 1787 à 11 h 30. M. de Saussure fait des mesures et des expériences. Il évalue l’altitude du Mont Blanc à 2 450 toises. Après 3 heures passées au sommet et un dernier regard sur la vallée et les aiguilles, le « vieil amoureux » du Mont Blanc et ses guides entament leur retour.
Le cristallier est devenu un héros, son nom sera désormais Jacques Balmat dit « Mont Blanc ». Il devient célèbre. Cinquante ans plus tard Alexandre Dumas demande à le rencontrer et relatera longuement leur entrevue dans ses « Impressions de voyage en Suisse, ‘du Mont Blanc à Berne’ » 1833-1834.

Ce bref récit de notre héros se termine, bien que j’aie une multitude de choses encore à raconter. C’est le superbe livre de Jean-Pierre Spilmont « Jacques Balmat, héros du Mont Blanc » qui nous a servi pour la préparation de notre voyage en forme de rêve, pour nous aussi, au Mont Blanc.

Maintenant profitons des autres découvertes de notre séjour.
En bon « chat-moniard », j’ai pris le célèbre petit train rouge du Montenvers pour me rendre à la Mer de Glace. Au début je n’étais pas trop rassuré, la voie est à flanc de montagne, le vide un peu vertigineux, c’est impressionnant et le cliquetis de la crémaillère me ‘chat-touille’ les oreilles,  mais la beauté du paysage l’emporte sur mon petit stress. Je décide de profiter au maximum de la beauté du panorama.

Après un trajet d’une vingtaine de minutes en forêt , la surprise au dernier virage est époustouflante, nous découvrons cette curiosité connue dans le monde entier : la Vallée Blanche. Hélas, chaque année la Mer de Glace régresse et il est temps que je monte là-haut pour en profiter. Nous découvrons des sommets prestigieux comme les Drus (3754 m) et les Grandes Jorasses (4205 m).

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On fait maintes photos, le site est grandiose, l’air est pur, le ciel est bleu, les choucas (ou les chocards, je n’ai pas bien vu) volent au-dessus de nos têtes, alors nous en profitons. Nous marchons longuement, doucement aussi, parce que ce n’est pas facile de s’improviser montagnard et je manque un petit peu d’entraînement, mais le soleil qui nous accompagne tout au long de cette journée nous permet de stocker de beaux souvenirs pour nos longues journées normandes cet hiver.

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web-IMG_5728.JPGUn repas savoyard à l’hôtel du Montenvers le midi nous permet de reprendre des forces et de vivre un petit moment dans ce restaurant d’altitude où les lambris ont une âme et nous racontent une histoire. Je me sens prêt à re-vivre les débuts de l’alpinisme !
Et puis vient l’heure du dernier train, nous redescendons dans la vallée, je suis bien fatigué par le grand air et la belle balade, doucement je me pelotonne contre les genoux de ma maîtresse et je me laisse bercer par le cliquetis de la crémaillère, cette fois je joue le grand habitué, je ronronne et je m’endors !
Après une bonne nuit réparatrice, frais comme un gardon, je suis prêt à repartir.
Nous passons la journée suivante au Parc du Merlet, toujours accompagnés du soleil, on se promène longuement au milieu des animaux de montagne, on flâne, on admire, je suis si heureux et je me sens si bien que j’ai l’impression de ‘toucher les étoiles’, il faut dire que ça nous change du niveau de la mer, car là on respire à plus de 1500 m d’altitude.

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Au détour d’un chemin je suis tout émoustillé, je découvre des petits animaux avec qui je pourrais jouer (enfin je crois) mais ils sifflent, ils se tiennent debout sur leurs pattes arrière, je suis perplexe mais vous, je sais que vous les avez reconnues : ce sont les marmottes. Intrigué je les observe, je suis pantois et subjugué, c’est décidé j’adore les marmottes !

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Nous continuons cette promenade enchanteresse, on a l’impression d’être sur un balcon exceptionnel nous permettant d’admirer le Mont Blanc dans toute sa splendeur. On se repose à l’ombre des épicéas, puis la randonnée reprend. En fait j’aimerais vous faire découvrir un mot qui correspond à mon état d’âme : nous faisons une belle « randonnade ». Les petits oiseaux chantent à tue-tête, nous respirons des essences inconnues de mes narines, mais quel bonheur !

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Le soir, je suis encore bien fatigué, il ne faut pas me prier pour que, bien lové je commence ma nuit, mes songes sont peuplés d’animaux jusqu’alors inconnus pour moi, je rêve de mouflons, de chamois, de daims, et de marmottes très joueuses et siffleuses !
Pendant mon premier sommeil, les filles sont allées se restaurer avec bonheur dans un restaurant très typique sur la route d’Argentière. Elles rentrent ravies et font aussi de beaux rêves !
Le lendemain c’est jour de marché à Chamonix ; ma maîtresse et son amie sont aux anges, elles vont découvrir les produits locaux, les décorations montagnardes, tout un programme qui me laisse, je dois l’avouer, indifférent et je juge plus prudent de rester à faire une sieste sur le balcon au-dessus de l’Arve. Je dois reconnaître que « ma rivière » enfin «  mon torrent » est un peu bruyant, ses eaux sont quasi tumultueuses, sa couleur est d’un vert presque blanchâtre, en fait c’est l’époque de la fonte des neiges et on dit qu’elle charrie « le lait des glaciers », je lui pardonne alors son tumulte. Je contemple les aiguilles de Chamonix, de mon pouf j’ai devant moi la plus haute, l’Aiguille du Midi, elle culmine à 3 842 m et elle doit son nom au fait que lorsqu’on est sur le parvis de l’église Saint Michel, le soleil à midi se trouve juste au dessus d’elle. Elle a été gravie pour la première fois en 1818. Mon esprit gambade et je me prends à rêver d’escalade ! C’est tout juste si Jacques Balmat ne m’accompagne pas !

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Tout à coup je sursaute, ma maîtresse rentre, je ne dirai pas qu’elle est chargée de paquets, mais quand même, je pressens qu’au retour j’aurai moins de place sur la banquette de la voiture ! Il faudra bien « caser » toutes ses emplettes ! Elle est ravie, elle a déniché un coffin, mais heureusement elle a renoncé à la luge en bois qui la tentait. Je suis toujours rassuré quand elle est en pleine forme et joyeuse. Elle en profite pour me gratouiller savamment juste derrière les oreilles ! Moi aussi je suis heureux !
Le marché terminé, les magasins passés en revue, on reprend notre bâton de pèlerin !
Cet après-midi nous ne quitterons pas Chamonix, elle a prévu de m’emmener au cimetière des guides. Je dois dire que c’est un moment intéressant, qui dégage un certain charme, dans un calme serein. Je vais essayer de vous en décrire l’ambiance. Le cimetière du Biollay, c’est un peu l’âme de Chamonix, quand nous entrons de grands cyprès nous accueillent dans ce lieu de recueillement. Les tombes sont fleuries, la plupart sont en granit, toutes simples pour de bien grands hommes, des « héros de la montagne » morts dans leurs escalades. Ce qui nous intéresse et retient notre attention ce sont les épitaphes avec l’endroit de la montagne où sont morts les guides, certaines tombes ont des reliques,  là un piolet, ailleurs des skis, et bien d’autres souvenirs…

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web-IMG_5887.JPGNous avons fait un quasi pèlerinage, on voulait voir, entre autres, la tombe de Edward Whimper  (1840-1911). Il repose sous une pierre tombale en granit qui a la forme du Cervin  (en souvenir de son ascension en 1865, je vous raconterai son histoire quand nous irons en vacances à Zermatt au pied du Matterhorn). Nous nous sommes arrêtés à la tombe de Joseph Ravanel (dit le Rouge en raison de sa chevelure rousse) (1869-1931). Joseph Ravanel a servi de modèle à Roger Frison Roche pour son livre « Premier de Cordée ». Nous nous sommes recueillis également sur la tombe de Roger-Frison Roche (1906-1999).

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Une grande stèle s’élève à la mémoire des guides de haute montagne, la liste est impressionnante. On regrette de ne pas y trouver le nom de Jacques Balmat.

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Sous nos yeux c’est l’histoire des pionniers de la haute montagne, ces hommes pour qui le destin est au bout d’une corde, à la merci d’un accident à chaque instant. Nous avons beaucoup de respect pour leur courage, leur audace et leur simplicité. Qu’ils reposent en paix, le Mont Blanc veille sur eux.

En quittant le cimetière du Biollay, nous flânons dans Chamonix, avenue des Allobroges on aperçoit ainsi « la maison de Maurice Herzog ». C’est la Villa de la Tournette, elle fut construite  et habitée par les frères Jules et Joseph Couttet. Datant de 1926, c’est une maison de caractère, étrange et fantaisiste. Elle appartient maintenant à la ville de Chamonix.

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Puis nous nous dirigeons vers le Musée des Cristaux. Nous y découvrons, entre autres, les minéraux du Mont Blanc et des Alpes. C’est un monde merveilleux. lI nous est permis de « caresser » une très belle pierre. Mes coussinets sont remplis d’émotion et de bonheur. Cette pierre est douce à souhait !
À l’occasion des 150 ans de l’alpinisme, une exposition très intéressante nous passionne et nous permet de voir la sacoche de Jacques Balmat ». Toujours notre héros !

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Toutes ces visites nous ont donné faim et je ne donne pas ma place lorsqu’il s’agit d’aller au salon de thé déguster le fameux « mont blanc ». Gâteau, juste à mon goût, j’en salive rien qu’à son souvenir !

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La journée a été bien remplie, un gros ronron s’impose, je retrouve ma couette préférée et je m’endors bien volontiers.
J’allais oublier de vous raconter une autre belle balade matinale et pédestre sur les « petits balcons sud de Chamonix ». C’est un moment délicieux, nous commençons par longer l’Arve, bruit de torrent, flore en plein expansion, puis vient une bonne petite montée dans la forêt et là nous découvrons la chaîne d’Argentière au Mont Blanc. Le soleil ne nous quitte pas, le ciel est d’un bleu limpide presque aveuglant. C’est encore une belle promenade à inscrire dans mes mémoires.

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web-IMG_5979.JPGCet après-midi là, nous prenons la voiture pour profiter un petit peu de la vallée. Nous voici à Argentière où nous achetons quelques petits souvenirs, on visite le village et en particulier l’église baroque.  Le grand autel en bois sculpté est de facture autrichienne. Le clocher restauré en 1987 est recouvert de 3000 écailles de fer blanc étamé. Ils lui donnent des reflets changeants suivant l’heure et le temps.

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Par exemple, le clocher à bulbe de l’église de Chamonix est en titane. Ces constructions typiques me fascinent.

Après, nous allons jusqu‘à Vallorcine et on est à deux pas de la Suisse. Mais il nous faut rentrer, alors demi-tour et joyeux intermède dans le « jardin de notre hôtel »  où j’aime faire un petit somme sur les fauteuils accueillants de la terrasse.
À part, quelques petites virées que nous avons faites ici et là, notre séjour au Mont Blanc, hélas, se termine et les « Monchus » que nous sommes  repartent, joyeux, les yeux remplis de cimes enneigées, vers notre Normandie natale.