Sainte Thérèse de Lisieux

Lors de mes voyages, comme j’habite près des sanctuaires de sainte Thérèse, souvent, on me demande des détails concernant la petite Thérèse de Lisieux. Je vais donc essayer de faire un petit mémento afin de situer les principaux évènements de sa vie en divisant ce billet en trois parties :
sa vie
– sa basilique
– ses parents

Sa vie :
2 janvier 1873 : jeudi à 22 h 30, naissance à Alençon. Elle est la dernière fille des époux Martin.

4 janvier 1873 : le samedi suivant, elle est baptisée dans l’église Notre-Dame d’Alençon (élevée au rang de basilique en août 2009 par le pape Benoît XVI). Sa façade est une véritable dentelle de pierre.

Thérèse, début mars 1873, tombe malade et le médecin préconise qu’on lui trouve une nourrice, la maladie ayant déjà rattrapé sa mère. Pendant 13 mois elle est confiée à Rose Taillé qui habite à Semallé à 8 kilomètres d’Alençon. [On peut désormais visiter cette maison].

Semallé

« Thérèse est vive, gaie et volontaire, c’est un petit lutin », disait sa maman. Sa joie de vivre réjouit la famille.
Boucles blondes et yeux bleus, la petite montre une intelligence précoce. (Réf. Histoire d’une vie, Thérèse Martin, par Guy Gaucher.)
Elle vit 4 années entourée d’amour et de tendresse à Alençon jusqu’au décès de sa maman en août 1877. À ce moment-là, son caractère change, elle devient timide, douce et extrêmement sensible.


En novembre 1877, pour se rapprocher de la famille Guérin, son père Louis, veuf, 54 ans, s’installe à Lisieux dans la maison des « Buissonnets ». Elle dira « comme elles ont passé rapidement les années ensoleillées de ma petite enfance ».


En octobre 1881, Thérèse entre à l’école des Bénédictines à Lisieux. « C’est la période la plus triste de sa vie » écrira-t-elle.
Le 13 mai 1883, Thérèse, qui était malade, est guérie par le « sourire de la Vierge » (la statue originale se trouve actuellement au-dessus de la châsse, dans la chapelle du Carmel de Lisieux).

8 mai 1884 : elle fait sa première communion dans la chapelle de l’abbaye des Bénédictines. (En juin 1944, ce Monastère est totalement détruit par les bombardements. Il est reconstruit entre 1954 et 1963.)
– 21 mai 1885 : elle fait sa communion solennelle.
En 1886, elle quitte l’école à cause de sa santé et son père lui fait suivre des cours particuliers.
Puis, suite à sa « conversion » de Noël 1886, elle veut entrer au Carmel. Ce qui lui est refusé vu son jeune âge.

Le 29 mai 1887, jour de la Pentecôte, elle essaie de convaincre son père qu’elle veut être carmélite.


Du 4 novembre au 2 décembre 1887, Louis Martin part avec deux de ses filles (Thérèse et Céline) en pèlerinage à Rome. Ils en profitent pour visiter les plus belles villes d’Italie. Au Vatican, le 20 novembre 1887, Thérèse parle au Pape Léon XIII et lui demande  l’autorisation de devenir carmélite. À Lisieux, pour que cette grâce soit accordée, les carmélites diront « on a prié à en casser les prie-Dieu ».
9 avril 1888 : (elle a seulement 15 ans) après une dispense, elle entre [enfin] au carmel de Lisieux.


Le 10 janvier 1889 : elle prend l’habit de carmélite. À cette occasion, elle descend la nef du Carmel au bras de son père, vêtue d’une robe de velours blanc à longue traîne, ses cheveux étalés sur ses épaules et couronnée de fleurs de lys. En rentrant en clôture elle s’aperçoit que la neige recouvre le jardin, ce qui fait son bonheur.


8 septembre 1890 : elle prononce ses vœux définitifs sous le nom de Thérèse de l’Enfant-Jésus.
Dès 1895 elle commence à rédiger « Histoire d’une âme » à la demande de la mère prieure.

30 septembre 1897 : à l’âge de 24 ans, Thérèse s’éteint au carmel de Lisieux, (après 18 mois de maladie, elle succombe à la tuberculose).
Son inhumation a lieu très simplement (il y a une vingtaine de personnes) dans le cimetière de Lisieux.

Au début des années 1900, des témoignages de guérison et de grâces arrivent de partout. De nombreux dévots viennent prier sur sa tombe.
En 1915, s’ouvre un procès apostolique. En 1921, elle est déclarée Vénérable.
Naissent ainsi les pèlerinages à Lisieux et viennent alors les exhumations.


Le 26 mars 1923, le cercueil de Thérèse est transféré à la chapelle du carmel.

29 avril 1923 : le pape Pie XI prononce la béatification de Thérèse.
17 mai 1925 : la canonisation a lieu à Rome. Le pape Pie XI préside les cérémonies qui rassemblent, dit-on, 500 000 personnes en présence de 33 cardinaux et 250 évêques.
– le 19 octobre 1997 : sainte Thérèse de Lisieux est proclamée docteur de l’Église, à Rome, par le pape Jean-Paul II, devant 60 000 personnes et en présence des réliques de la sainte.

Sa basilique :
Longueur : 95 m
Largeur de la nef : 30 m
Largeur du transept : 50 m
Hauteur sous voûte : 37 m
Hauteur sous coupole : 50 m
Hauteur du dôme : 95 m
Diamètre du dôme : 28 m
Superficie totale : 4 500 m2
Places assises : 3 000 (et 2 000 debout)
(et 40 000 personnes sur l’esplanade)

Après la béatification de Thérèse en 1923, le nombre de pèlerins ne cesse d’augmenter. Il progresse encore après la canonisation. En 1926, une rubrique dans les Annales est intitulée « Autour du projet de la Basilique ». Après divergences et plusieurs projets, il est décidé qu’elle sera construite entre le cimetière et la Carmel.
Le pape Pie XI avait demandé de « faire très grand et très beau, et le plus rapidement possible ».
Le 30 septembre 1929, on pose la première pierre. La pierre d’angle, la pierre symbolique est en marbre gris de Belgique. C’est le cardinal Charost, archevêque de Rennes, légat du Pape qui bénit la pierre et la scelle en incrustant une croix sur chacune des faces avec une truelle d’or à manche d’ébène. Un document officiel dont lecture a été faite est scellé avec la pierre.


La construction de la basilique fut une prouesse technique. Après tous les terrassements et préparations, on commence par la crypte. Elle est réalisée pendant l’hiver 1931-1932. Elle est entièrement recouverte de marbre et de mosaïques à la feuille d’or.
La voûte est couverte de blanc de Nîmes semée d’étoiles et de scintillements d’émaux d’or. C’est un joyau ! La crypte est inaugurée et bénie le 3 juillet 1932.

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De 1934 à 1937 c’est la construction de la basilique supérieure. Elle a la forme classique de la croix latine et est de style romano-byzantin.

La coupole extérieure est en béton armé revêtu de pierre de taille. La croix du dôme est en pierre blanche des carrières d’Euville (près de Verdun), elle mesure 1,70 m et pèse près d’une tonne. Elle a été posée en 1939.

Le campanile, resté inachevé, abrite 51 cloches (elles pèsent près de 16 tonnes). Le bourdon, une cloche en si bémol, atteint 9 tonnes. D’une grande qualité sonore, ce carillon figure parmi les meilleurs d’Europe. (Il est béni en 1948.)
La bénédiction de la basilique a lieu le 11 juillet 1937. C’est le légat du Pape, le cardinal Pacelli (le futur pape Pie XII), qui préside les cérémonies. Mgr Pacelli est un homme intellectuellement brillant et polyglotte, il célèbre la messe en français et fait un sermon de 55 minutes. À midi, la bénédiction est donnée à la T.S.F. par le pape Pie XI depuis Castel Gondolfo, (sa santé ne lui a pas permis de venir à Lisieux).


Le 11 juillet 1954 : c’est la consécration de la basilique (17 ans après, entre temps il y a eu la guerre, lors des bombardements, à la Libération, plus de 120 bombes sont tombées autour de la basilique). C’est le futur cardinal Martin, archevêque de Rouen, qui préside les festivités devant une foule de 100 000 pèlerins.

Ses parents :
Louis Martin (1823–1894) et Zélie Guérin (1831–1877) se marient à Alençon, le 13 juillet 1858 à minuit, selon la coutume de l’époque, en l’église Notre-Dame. Ils vivent à Alençon. Ils auront 9 enfants (7 filles et 2 garçons), 4 mourront en bas-âge. Leurs 5 filles seront toutes religieuses.

Zélie est née le 23 décembre 1831 à Gandelain (dans l’Orne). Son enfance ne fut pas heureuse. Elle écrira à son frère « mon enfance, ma jeunesse ont été tristes comme un linceul ». Elle a songé à devenir religieuse. Refusée par la supérieure de l’Hôtel-Dieu d’Alençon, elle apprend la confection de la dentelle au point d’Alençon où elle excelle rapidement, puis elle s’installe à son compte. Elle décède le 28 août 1877, à 46 ans, des suites « d’une tumeur fibreuse » au sein.

Louis, est né à Bordeaux le 22 août 1823. Vers 22 ans, il souhaite entrer dans la vie religieuse, ce fut impossible car il ignorait le latin. En 1850, il s’installe chez ses parents et exerce la profession d’horloger.
Il quittera son travail pour aider Zélie dans son entreprise.
Louis et Zélie vivent au quotidien une vie exemplaire, fervents catholiques sans être bigots.
De nombreux fidèles prient Louis et Zélie Martin.
À Rome, un premier miracle leur est attribué : un bébé, nommé Pietro, est condamné par les médecins. Avec ferveur ses parents prient les époux Martin et Pietro est miraculé.
Ils sont béatifiés à Lisieux le 19 octobre 2008 en présence d’une foule innombrable qui, très tôt le matin et dans le froid, avait fait le déplacement pour assister à cet évènement lexovien qui a rassemblé plus de 10 000 personnes.
Pendant la messe de béatification, Pietro et ses parents sont au cœur de la basilique. C’est un moment extrêmement émouvant, rempli de ferveur.

En 2013, une enquête est ouverte à Valence (en Espagne). Un deuxième miracle leur est aussi attribué. C’est celui de la petite Carmen. Le Pape autorise le décret de reconnaissance de guérison en mars 2015. Ils sont canonisés à Rome le 18 octobre 2015. Ils sont les premiers à être canonisés en tant que couple.
Le dimanche suivant, à Lisieux des cérémonies grandioses fêtent cet événement. C’est le cardinal Poupard qui préside la messe pontificale. La petite Carmen est présente.

 

Souvent au cours de mes voyages je retrouve la statue de Thérèse dans les églises que nous visitons. Une image me vient à l’esprit, c’est celle que j’ai vue dans la chapelle à Mayerling, près de Vienne en Autriche, tout près de l’Autel qui a été construit à l’endroit du lit où Rodolphe a été retrouvé mort (voir mon chapitre concernant Sissi à Vienne).

Voici aussi une photo de la statue de Sainte Thérèse que nous avons faite à Buenos Aires dans l’ancien archidiocèse de celui qui est devenu le pape François.


Quand on est en Normandie, il est toujours agréable de marcher dans les pas de Thérèse et de ses parents, à Alençon d’abord, en visitant par exemple sa maison natale où nous accueillent avec beaucoup de gentillesse les petites Sœurs de Sainte-Thérèse. Puis à Lisieux, où, plus particulièrement, en septembre/octobre, se déroulent les fêtes thérèsiennes).

Flanel Alencon

Je vous dis à bientôt pour de nouvelles promenades !

Ma Normandie

Tapez « Hashtag beau matou » et instantanément vous me voyez prêt à vous écrire ma vie !
Comme vous l’avez compris, je réside en Normandie, à deux pas de la mer et en un saut de puce (si je puis dire) je suis sur les planches à Deauville !
Ah les planches ! Quand j’étais petit ma maîtresse me portait dans un sac en bandoulière sur son épaule, et, tout près d’elle, le nez au vent, je respirais l’air marin et j’admirais la grande plage de sable fin.

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Maintenant que je suis « un grand » je voyage dans mon véhicule de transport personnel et là, prélassé dans ma « cabine » je scrute les badauds et nous arpentons ces célèbres planches créées en 1923 en bois d’azobé et mesurant pratiquement 635m. Elles permettaient alors aux belles dames de profiter du bord de mer sans salir leurs élégantes toilettes. Elles sont célèbres, aussi célèbres que le promenade des Anglais à Nice (où je me suis également promené).
Sur ces planches, ma halte préférée est au Bar du soleil à l’heure du soleil couchant. C’est un moment à part, où l’horizon se teinte de couleurs dignes de la palette des peintres, Ma maîtresse et ses amies aiment y flâner, et j’adore les accompagner ! Pendant qu’elles dégustent  leurs cocktails, je vous présente ses deux amies,  comparses de nos voyages comme de nos courtes escapades : l’une est brune et possède un chien, (en fait la chienne noire dont je vous ai déjà parlé) et l’autre amie est blonde et partage sa vie avec un chat très digne et élégant, c’est un Sacré de Birmanie. Tantôt l’une, tantôt l’autre, ce sont alternativement mes compagnons de voyage.
Rentrons à la maison.
L’automne se passe, puis vient l’hiver, bien au calme et au chaud près de la cheminée (les flammes me fascinent), et enfin, arrive mon moment préféré : le printemps.

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Dès le mois d’avril, du seuil de la porte je retrouve avec plaisir toute la vue sur notre jardin. Je sais tout ce qui se passe dehors grâce à mes comparses d’aujourd’hui.
Petites précisions sur mes nouveaux compagnons félins. Pendant l’hiver 2014, par la fenêtre, j’ai vu errer deux chats, l’un roux et l’autre spotted-tabby, qui visiblement recherchaient nourriture et chaleur.
Connaissant ma maîtresse, je savais que je n’allais pas tarder à faire leur connaissance de plus près.
Effectivement ; mais il a fallu faire un bon travail d’approche car, tous les deux, étaient quasi sauvages.

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Avec de la patience et des croquettes appétissantes, l’un, puis l’autre se sont laissé caresser.
Après il y a eu l’apprentissage d’un toit bienfaiteur sans angoisses.

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Voici, maintenant que je les connais bien, quelques détails sur leur vie d’avant.
Le « Roux » a été baptisé Zadig par ma maîtresse. Quand il est arrivé, boitant, le visage griffé et en lambeaux, il a fallu commencer par « réparer le chat ». Nous avons soupçonné que son chemin n’avait pas été facile. Et son côté malchanceux lui a valu son prénom.
Nous appelons la spotted-tabby, fine et élancée, Sissi. C’est notre petit clin d’œil au souvenir de notre Impératrice autrichienne si gracieuse et si éprise de liberté.
Sissi est une jolie minette qui n’est pas commode. Sa vie de sauvageonne  lui a appris à être constamment sur ses gardes et elle en garde quelques réflexes.
Maintenant, Zadig et Sissi sont devenus deux chats câlins qui aiment squatter mes endroits douillets et je dois reconnaître que ça ne me plait pas toujours. Je ne suis pas d’un naturel jaloux, j’essaie de partager en bonne harmonie. J’en profite pour qu’ils me racontent leur dure survie de chats abandonnés. J’en apprends des choses.

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Par exemple, Zadig avait été offert à une famille, qui, dès son plus jeune âge l’a mis dehors si souvent, qu’un jour du mois de mai, attiré par l’aventure, il n’est pas retourné devant la porte si souvent close. Il a quitté son domicile pour suivre des minettes. Là, sa vie s’est vite compliquée, il lui a fallu être très débrouillard. Le hasard de ses pérégrinations l’a conduit dans mon quartier où un vieux matou très grincheux et pas commode fait régner une loi sans merci. Il s’en est suivi les belles balafres ! J’ai assisté, dans mon jardin, à une bagarre entre les deux greffiers, où complètement enroulés, toutes griffes et dents dehors, ils sont allés jusqu’à l’épuisement du plus jeune ! D’où la récupération par ma maîtresse d’un individu poilu à qui il manquait beaucoup de poils !
En résumé, Zadig a bon caractère, il est sympathique, crédule et jamais découragé.
Pour Sissi, je la connaissais de longue date dans le jardin. Elle est née dans nos dépendances mais dès toute petite elle était très sauvage. Il en a fallu du temps pour qu’elle se décide à nous faire confiance. Elle m’a avoué depuis ne pas le regretter, d’ailleurs maintenant, elle fréquente assidûment les canapés et les édredons obèses dans ma maison.

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Ces deux là sont donc maintenant bien installés « at home » !
Ma maîtresse m’a fait adopter une phrase de Saint Exupéry. « Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé », ainsi je veille sur eux et nous trois, félins, nous veillons sur ma maîtresse avec beaucoup d’amour et de ronrons.
Moi, je l’enveloppe d’une tendresse discrète, je dois dire que sa sollicitude m’est essentielle, et, mes concitoyens, eux, la chouchoutent de leur mieux avec reconnaissance.
Leurs présences, je dois l’avouer, a un peu changé notre rythme, avant leur arrivée, on vivait elle et moi, nimbés de silence, on avait l’habitude de respirer tranquillement côte à côte. Mon caractère s’accommodait bien de ce duo reposant. J’aime le calme, la tranquillité, mais depuis l’arrivée de ces deux énergumènes mes objets aux vertus apaisantes ont été un peu bousculés et quelquefois ça me froisse. D’ailleurs je peux reprendre à mon compte une phrase de Guy de Maupassant « les chats, c’est comme le papier, ça se froisse vite ». Vous l’aurez compris je veux bien partager mais il faut me laisser une paix royale pour que mon humeur reste chattissime.
Quand le rush de l’été a quitté nos côtes normandes, nous partons vers la Côte Fleurie. En plus de Deauville, j’ai deux endroits privilégiés : Honfleur et Cabourg.

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Par exemple à Honfleur j’adore l’église Sainte Catherine. C’est la plus grande église de France construite en bois avec un clocher séparé. Quand on lève les yeux sa charpente nous évoque la coque d’un bateau renversé.
En quittant cette église dédiée à Sainte Catherine d’Alexandrie on se dirige vers le vieux bassin. Les maisons qui le bordent sont du XVIIe et XVIIIe siècles, elles sont  hautes et étroites et leur reflet dans l’eau en fait un lieu prisé des peintres. Parmi les plus célèbres qui ont aimé et fréquenté Honfleur il y eut Courbet, Boudin, Monet… C’est un endroit plein de charme que l’on aime photographier et je dois dire que le doux clapotis de l’eau sur les coques des bateaux me berce agréablement.
A Cabourg , ma petite Madeleine, à moi, c’est de somnoler tranquillement, promené par ma maîtresse, longeant la promenade Proust. Pendant qu’elle part à la recherche du temps perdu je suis agréablement bercé par le doux bruit de la mer.

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À l’automne nous aimons aller au Mont Saint Michel. Parmi nos visites là-bas, ma favorite a été celle qui a duré plusieurs jours et qui nous a permis de dormir sur le Rocher. Dès la tombée de la nuit, on profite des derniers rayons de soleil et de la lumière qui décline sur toute la baie. Les ruelles vidées de leurs visiteurs et des pèlerins, nous avons l’impression que le Mont nous appartient, et c’est dans ce calme quasi religieux qu’on apprécie réellement l’atmosphère de la « Merveille ». Après une longue flânerie nous pouvons aller nous coucher et rêver, bercés par le clapotement des vagues et veillés par l’Archange Saint Michel.

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En s’enfonçant dans les terres de jolis villages normands et classés nous attendent.
Par exemple Beuvron-en-Auge, c’est un village très fleuri et typique de la Normandie avec ses maisons à colombages, son vieux manoir du XVI, ses jolies boutiques pleines de produits du terroir.

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Faisons aussi une halte à Saint Cénéri-le-Gerei. C’est un village classé, niché dans un méandre de la Sarthe au cœur des Alpes mancelles. J’ai pu y admirer son église romane du XVè avec de superbes fresques, son bien beau pont de pierre et j’ajoute que mon petit moment de bonheur c’est folâtrer dans la prairie avant de découvrir la sobre et harmonieuse Chapelle dédiée à Saint Cénéri. Ce village de caractère me charme et me permet de passer à Alençon, ville où j’ai des attaches particulières et là nous visitons la Basilique et la maison natale de Sainte Thérèse sans parler du beau musée de la dentelle.

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Je ne vais pas arriver à vous énumérer toutes nos balades dans la campagne normande. Toujours, ici et là nous faisons de nouvelles découvertes mais c’est avec plaisir que nous rejoignons notre chacunière.
Chez nous, donc, quand arrive le printemps je suis impatient. Au début du mois d’avril je prends mon poste d’observation sur le seuil de la porte et je guette celles qui ravissent mon cœur et mes yeux. Je veux parler des hirondelles ! Quand elles arrivent avec leurs froufrous d’ailes et leurs gazouillis si particuliers je suis heureux.

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Dès leur arrivée commence l’incessant ballet vers leur nid où elles reviennent chaque année avec tant de régularité.
Quand je suis à la fenêtre du troisième étage, je suis tout près d’elles perchées sur la gouttière. Là, dans leurs chants mélodieux elles me racontent leur retour vers nous. Elles viennent de faire une traversée de plus de 6000 kilomètres. Je suis tout attendri. Vingt petites grammes de plumes capables de franchir le Sahara et la Méditerranée. Quelle leçon de courage !
L’hirondelle rustique qui niche dans notre cellier porte bien son nom. Je les admire, si vives, si gaies.
Je vais vous conter une histoire qu’elles m’ont rapportée et qu’elles se transmettent de génération en génération.
L’événement s’est passé en 1913 et en Savoie. Exactement au Monastère du Grand Saint Bernard. Une nuée d’hirondelles venant du Nord, surprise par un froid inattendu et une neige qui tombait à gros flocons, se dirigeaient vers l’hospice, transies et miséreuses. Les bons moines comprirent le désespoir de la situation et ouvrirent grand les portes et les fenêtres. Elles se sont engouffrées au chaud et réconfortées par une nuit à l’abri, le temps remis au beau, elles ont pu, ragaillardies, au matin, reprendre leur envol vers le midi.
Quelle merveille quand l’homme et la nature se comprennent si bien.
Petites boules de plumes, tous les ans, je guette vos allées et venues, et foi de matou je suis fier d’être votre ami. Sachez que toutes les dépendances de notre jardin vous attendent portes grandes ouvertes..
Pendant qu’elles couvent avec beaucoup de précaution leurs futures nichées, moi, je pars avec ma maîtresse en vadrouille aux  quatre coins de la France ou plus loin encore.
Au retour de nos voyages je découvre « les petites » qui apprennent avec appréhension et hésitation leurs premiers vols. le ballet parents-bébés reprend de plus belle et leurs gazouillis m’enchantent tout l’été.
Ce rythme en Normandie s’achève, je vous dis à bientôt dans d’autres contrées.